bulletin de nouvelles

Protéger l’Okavango de l’exploitation pétrolière et gazière

Signataire de cette lettre avec 185 autres organisations de la société civile, le Centre Afrika est heureux de vous signaler que le « World Conservation Congress (UICN) », par la déclaration suivante, est maintenant favorable pour la protection des zones écologiquement sensibles du bassin de l’Okavango.

RECONNAISSANT que la contribution du Groupe de travail au sixième rapport d’évaluation (RE6) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avertit que l’influence humaine due principalement aux combustibles fossiles a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres. De nombreux changements dus aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre sont irréversibles depuis des siècles ou des millénaires;

RAPPELANT que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré que « les nouveaux champs de pétrole et de gaz naturel ne sont pas nécessaires dans la voie de la neutralité carbone […] »;

RECONNAISSANT que le delta de l’Okavango est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO, la plus grande zone humide d’importance internationale au monde en vertu de la Convention de Ramsar et faisant partie de l’aire de conservation transfrontalière Kavango-Zambèze (KAZA TFCA) de cinq pays;

NOTANT la diversité des écosystèmes de la région de l’Okavango et de la TFCA KAZA, qui abrite de nombreux peuples autochtones et d’autres communautés locales, ainsi que de nombreuses espèces de faune et de flore menacées;

RECONNAISSANT que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples garantit les droits à un environnement sain et au consentement libre, préalable et éclairé (FPIC);

RAPPELANT qu’au Congrès mondial de la nature (Hawaï) de 2016, les Membres ont reconnu les aires protégées comme des zones d’exclusion pour les activités industrielles, y compris l’exploitation pétrolière et gazière (Recommandation 6.102 Aires protégées et autres zones importantes pour la biodiversité en ce qui concerne les activités industrielles dommageables pour l’environnement et le développement des infrastructures);

RECONNAISSANT les décisions du Comité du patrimoine mondial (WHC) selon lesquelles les activités industrielles et les aménagements d’infrastructures préjudiciables à l’environnement sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial et que les États devraient éviter que de telles activités ne soient négatives sur les sites du patrimoine mondial en dehors de leurs frontières (par exemple, les décisions 39 COM 7A.4 et 34 COM 7A.2); et

RAPPELANT la décision 44 COM 7B.80 du Comité du patrimoine mondial : « Urgente préoccupation concernant l’octroi de licences d’exploration pétrolière dans des zones écologiquement sensibles du bassin de l’Okavango […] » et « recommande … Les États parties … pour s’assurer que d’autres étapes potentielles pour développer le projet pétrolier … font l’objet d’un examen préalable rigoureux et critique, y compris au moyen d’une étude d’impact sur l’environnement (EIE) qui correspond aux normes internationales […] »;

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, à sa session à Marseille, France :

1. EXHORTE tous les États membres à veiller à ce que les droits de l’homme et les autres obligations en matière de droit international soient une considération primordiale dans toutes les politiques et décisions concernant l’exploration et la mise en valeur pétrolières et gazières, ainsi que les autres activités extractives;

2. EXHORTE tous les États membres à veiller à ce que les décisions relatives à l’exploration et à la mise en développement du pétrole et du gaz et aux autres activités extractives respectent le droit au consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) et à ce que les processus de consentement comprennent une consultation approfondie sur les effets néfastes du changement climatique, les incidences des activités proposées sur le climat et les risques pour les ressources en eau, la flore et la faune, les forêts, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la culture, entre autres; et

3. INVITE les gouvernements du Botswana et de la Namibie à veiller, conformément à la décision 44 COM 7B.80 du Comité du patrimoine mondial, à ce que les études d’impact stratégiques et complètes sur l’environnement respectent les normes internationales, soient soumises à un examen préalable rigoureux et critique et soient menées avant toute nouvelle exploration et tout développement futur des ressources pétrolières et gazières et d’autres activités extractives dans et/ou affectant le bassin de l’Okavango et sa population.

LIEN

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.