Les communautés des minorités visibles et ethnoculturelles francophones au Canada
 

Vancouver – Novembre 2005 

                                                                                   Milton Tanaka 

Avant-propos

Pour la rédaction de ce document, nous avons utilisé la définition de « minorité visible » selon la Loi sur l’équité en matière d’emploi et adoptée par Statistique Canada soit : « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche. La population des minorités visibles comprend les groupes suivants : Chinois, Sud-Asiatique, Noir, Philippin, Latino-Américain, Asiatique du Sud-Est, Arabe, Asiatique occidental, Japonais, Coréen et les habitants des îles du Pacifique1. »

Selon cette définition, par exemple, un Brésilien ou un Arménien de race blanche immigrant au Canada font partie des groupes ethnoculturels et non des groupes des minorités visibles.

Nota 1    Nous recommandons la lecture des recherches approfondies suivantes pour compléter ce document :

o         L’immigration et les langues officielles : Obstacles et possibilités qui se présentent aux immigrants et aux communautés. Auteur : Carsten Quell, Commissariat aux langues officielles.

o         L’immigration et l’épanouissement des communautés de langue officielle au Canada : Politiques, démographie et identité.  Auteur : Jack Jedwab, Commissariat aux langues officielles.

Nota 2     Les termes de genre masculin utilisés pour désigner des personnes et des groupes englobent les femmes et les hommes.

Méthodologie

·         Les informations statistiques pour les groupes des minorités visibles francophones et ethnoculturelles ainsi que leurs agglomérations géographiques ont été colligées à partir des données disponibles dans le recensement 2001 de Statistique Canada5, dans le volet « Origine ethnique » et sur le site Web du MICC – Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec6.

·         En ayant comme but d’identifier les minorités visibles et ethnoculturelles francophones, nous avons associé les statistiques d’origine ethnique à la francophonie des pays d’origine, donc des pays où le français est soit la langue officielle, soit une des langues officielles ou une langue courante d’utilisation.

·         Cette méthode a été adoptée étant donné que les informations de Statistique Canada disponibles pour « langue parlée à la maison » et « langue parlée au travail », etc. n’étaient pas assez détaillées pour déterminer la francophonie des communautés visées par cette étude. D’où l’application du concept de PLOP (première langue officielle parlée).

·         Nous reconnaissons que cette approche est relative dans la mesure où il serait imprudent de généraliser que la totalité des immigrants originaires de pays faisant partie de la francophonie sont implicitement des francophones. Dans le cas du Vietnam, par exemple, on constate que les premières vagues de réfugiés politiques et d’immigrants, ayant un haut niveau d’éducation, étaient francophones. Les vagues subséquentes d’immigration, de nature économique, ont amené une partie de ressortissants qui ne connaissaient pas le français.

Le besoin d’une nouvelle définition du terme « francophone »

Évolution des réalités démographiques francophones – le Canada et le Québec


Source : Quell, Carsten, L’immigration et les langues officielles : Obstacles et possibilités qui se présentent aux immigrants et aux communautés. Commissariat aux langues officielles. http://www.ocol-clo.gc.ca/archives/sst_es/2002/obstacle/obstacle_f.htm

Faits saillants sur l’immigration francophone au Canada (hors Québec)

Nombre total d’immigrants francophones s’installant hors Québec

1999-2001

(comprend des immigrants parlant le français et l’anglais)

 

Nouveaux arrivants au Canada (hors Québec)

Nouveaux arrivants francophones au Canada (hors Québec)

1999

161 000

3 220   (2,0 %

2000

195 000

5 570   (2,9 %)

2001

214 000

6 722   (3,1 ,1%)

Source : Quell, Carsten, L’immigration et les langues officielles : Obstacles et possibilités qui se présentent aux immigrants et aux communautés. Commissariat aux langues officielles.

http://www.ocol-clo.gc.ca/archives/sst_es/2002/obstacle/obstacle_f.htm


Faits saillants sur l’immigration francophone au Québec

·         Le nombre d'immigrants au Canada qui ne connaissent que le français a progressé de façon continuelle entre 1961 et 1996, une augmentation de 3 % à 5 %. Cela est largement attribuable aux initiatives indépendantes de recrutement d’immigrants francophones déployées par le gouvernement du Québec.

Nombre total d’immigrants francophones s’installant au Québec

1999-2001

(comprend des immigrants parlant le français et l’anglais)

 

Nombre total de  nouveaux arrivants au Québec

Nombre de nouveaux arrivants francophones au Québec

1999

29 100

12 500  (43 %)

2000

32 500

14 700 (45 %)

2001

37 600

17 600 (47 %)

Source : MICC — Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec          http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/pdf/Plan_immigration_2003.pdf

 

Les minorités visibles et ethnoculturelles francophones dans les communautés francophones minoritaires au Canada (hors Québec)

·         Entre autres, le concept de deux peuples fondateurs semble être une entrave à l’ouverture et à l’intégration des minorités visibles et ethnoculturelles francophones dans les communautés francophones en situation minoritaire. Certains segments des francophones de « souche », qui associent automatiquement la langue française et l’origine ethnique pour justifier leurs revendications par rapport à la majorité anglophone, peuvent faire preuve de résistance face aux changements ethnoculturels et linguistiques apportés par les nouvelles tendances de l’immigration.

Quelques difficultés auxquelles font face les minorités visibles et ethnoculturelles francophones au Canada et au Québec

Bref aperçu des communautés

(Nota : Nous avons considéré des données fournies par Statistique Canada pour la distribution des communautés dans les provinces et les RMR où elles ont tendance à se concentrer. Par conséquent, nous n’avons pas colligé des informations pour l’Île du Prince Édouard, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut).

Les communautés originaires des Antilles francophones

Répartition géographique

Origines antillaises

 

Canada


Terre- Neuve et Labrador

 

Nouvelle-Écosse

 

Nouveau- Brunswick

 

Québec

 

Ontario

 

Manitoba

 

Saskatchewan

 

Alberta

 

Colombie-Britannique

Haïti

82 405

10

85

130

74 465

6 530

105

40

460

575

Martinique

605

0

0

10

515

60

0

10

0

10

Source : Statistique Canada, recensement de 2001, total des réponses uniques et multiples

o        La majorité de la communauté d’origine haïtienne, soit 74 465 personnes, s’est établie dans la province de Québec, et s’est concentrée sur la RMR de Montréal qui comptait 69 940 personnes de cette origine au recensement de 2001. Dans la province d’Ontario, 6 530 personnes se sont déclarées d’origine haïtienne, surtout dans la RMR de Toronto.

Principaux enjeux

Les communautés originaires de l’Afrique francophone

o        Question de distinguer des identités et réalités ethnoculturelles noires totalement distinctes, notons que les Jamaïcains d’origine au Canada, un groupe antillais, noir et anglophone de 211 720 personnes, est presque aussi nombreux que les 294 705 personnes se déclarant d’origine africaine noire au Canada, toutes ethnocultures confondues. Les personnes d’origine antillaise haïtienne contribuent en grand nombre, 82 405, à la représentation de la francophonie noire au Canada.

Répartition géographique

Origines africaines francophones

Canada

Terre- Neuve-et-Labrador

Nouvelle-Écosse

 Nouveau- Brunswick

 

Québec

 

Ontario

 

Manitoba

 

Saskatchewan

 

Alberta

 

Colombie-Britannique

Burundais

1 900

0

0

0

1175

590

45

0

85

0

Camerounais

2 070

0

0

15

1550

460

0

0

35

15

Congolais, n.d.a.

6 235

0

0

10

3835

183

75

25

255

155

Guinéen, n.d.a.

1 120

0

0

0

915

115

0

10

50

20

Ivoirien

1 120

0

0

15

955