Le mardi 06 mai 2008
Les médecins diplômés à l'étranger veulent plus et plus vite
Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal
Bien que des progrès aient été réalisés, les médecins diplômés à l'étranger demandent une accélération du processus qui leur permettra de pratiquer au Québec et d'occuper des postes de résidence.
La Coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger
a rencontré la presse, mardi à Montréal, pour faire le point sur l'octroi de
ces postes de résidence en médecine, dont plusieurs ont encore été laissés
vacants cette année, malgré qu'il y ait plusieurs médecins diplômés à
l'extérieur du Canada et des États-Unis qui soient prêts à les occuper.
Plusieurs candidats ont passé les examens du Collège des médecins, ont
parfois même des lettres de référence de médecins québécois, mais ne réussissent
toujours pas à obtenir un poste en résidence au Québec, ont déploré les
porte-parole de la coalition, les docteurs Comlan Amouzou et Lamia Ouamara.
Cette année encore, des 140 médecins diplômés à l'étranger qui ont présenté
leur demande de résidence, 65 ont été acceptés au premier tour et trois au
second tour.
«Donc, à peu près 72 médecins, cette année encore, sont abandonnés à leur
sort, des gens qui ont réussi tous les examens, qui sont prêts à servir la
population du Québec, surtout dans un contexte de pénurie. Pour nous, membres
de la coalition, nous disons que c'est inacceptable», s'est exclamé le docteur
Amouzou.
Pourtant, 73 postes de résidence sont encore vacants.
Finalement, environ la moitié des candidats sont admis, selon les facultés de
médecine des universités (Montréal, McGill, Laval et Sherbrooke).
Le 29 avril dernier, ces quatre facultés de médecine avaient fait savoir que
les dossiers des candidats qui n'ont pas été admis cette année seront analysés
de nouveau.
Ces facultés avaient aussi annoncé qu'en 2009, tous les candidats au poste de
résidence en médecine familiale seront convoqués en entrevue, qu'ils soient
diplômés hors du Canada et des États-Unis ou diplômés ici.
Mais, pour le docteur Amouzou, cela n'est pas suffisant et pas assez rapide. Il
reconnaît la volonté du ministre de la Santé Philippe Couillard et de la
ministre de l'Éducation Michelle Courchesne d'améliorer le système, mais s'en
prend aux facultés de médecine des universités, qui ne pressent pas assez le
pas. Il critique aussi le Collège des médecins qui, selon lui, «sous-traite»
le problème aux facultés de médecine, comme s'il n'était pas partie prenante
du problème.
Le docteur Amouzou affirme que lors des entrevues, les médecins diplômés à
l'étranger se font poser des questions du genre: quel âge avez-vous, de quel
pays vous venez, aviez-vous un scanner dans votre pays? Ou bien on laisse
entendre que ça fait trop d'années qu'ils n'ont pas pratiqué la médecine,
alors que c'est le processus québécois de reconnaissance qui est trop long et
qui provoque ces délais.
Solutions
Le docteur Amouzou formule donc quelques suggestions pour régler le problème
à plus long terme, dont celle d'organiser un stage d'immersion rémunéré
d'une durée de trois mois pour permettre à ces médecins de connaître
l'organisation des soins au Québec, les institutions, la planification des
soins.
Il propose également de constituer des équipes d'entrevue qui reflètent la
diversité culturelle du Québec au sein des facultés universitaires.
Il tient également à ce que des postes de résidence soient désormais réservés
aux médecins diplômés à l'étranger.
Fait à noter, le Centre de recherche-action sur les relations raciales a déjà
demandé à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
d'enquêter sur la situation des médecins diplômés à l'étranger, plus
particulièrement sur les critères d'admission.