A sa souvenance
Maman me disait,
-Oh qu’il est beau d’avoir une mère au sein du village
Car pendant que tu danses elle pense à ta faim !
Déraciné ou autre que nous sommes, le temps de l’oisiveté est révolue, ne dormons pas.
Nous sommes les portes étendard, les oriflammes de ce peuple.
Maman me disait
-Un homme est un manche d’hache
Il se doit d’être solide car il vivra les épreuves qui seront plus solide que lui.
Bravons le froid, bravons la faim,
Bravons les écueils, bravons les obstacles,
Car ce n’est qu’au-delà de la souffrance que s’inscrit la gloire
Maman me disait
-La barbe à l’étranger n’est qu’une paille non pas une preuve de sagesse.
Là où tu iras, ouvre grand tes oreilles aussi grand que celle de l‘éléphant et tes yeux aussi grand que ceux du caïman ; ainsi Plus tard tes cheveux gris seront une couronne pour ceux là que tu recevras
Si la sagesse est une pacifique épée ; la connaissance est l’outil qu’il nous faut pour l’affûter
Allons conquête de la connaissance, exhumons nos sciences, exhumons nos magies, exhumons nos arts
Pour mieux se tenir sur table du donné et du recevoir
Maman me disait
-Dans les forêts d’espoir les gibiers ne sont souvent que des écureuils.
Quant tu iras à la chasse et que tu sortiras de là bredouille ne maudis pas la foret
Cherche les champignons ; si tu n’y trouveras pas
Cueilles alors les feuilles et apporte les au village, demain quand tu reviendras la forêt sera toujours là.
Que les échecs des journées ne nous déçoivent et que rien ne nous trouble, mais au contraire : relevons notre hardiesse car la réussite est un glorieux mérite.
Maman me disait
Le bouillant du mouton c’est chaud qu’il faut le boire.
Si autre autrefois nous étions les noirs et qu’aujourd’hui nous y sommes toujours ; qu’à jamais la ponctualité, l’assiduité et l’excellence soient de notre nature.
Bertin Dzangué
Poète-Conteur-Griot-Comédien
Spectacle : Force de Leadership Africain Montréal, 22 janvier 2007